dimanche 9 novembre 2014

L'obscure forêt, lieu des peurs



Alors que je quittais ce qui avait été chez moi, pendant 11 ans, je me remémorais le passé... Comment une petite fille de 7 ans s'était perdue et s'était retrouvée en plein milieu d'une forêt d'allure des plus mystiques. Je ne pourrais jamais oublié ce jour...
J'avais décidé de partir de chez mes géniteurs, je ne supportais plus d'être traitée comme une intruse, un nuisance, comme quelqu'un qui n'avait jamais été désirée. C'était trop pour moi. Et puis au pire, si je ne trouvais rien, je reviendrai et je subirai en silence jusqu'à ce que j'ai l'âge et à nouveau le courage de partir. Mais je m'étais lancé. Je ne savais pas très bien dans quelle direction partir. Il y avait tellement de chemins, tellement de possibilités, tellement de mondes, de personnes et d'endroits à découvrir.
Mais malgré toutes ces incertitudes, mon regard était irrémédiablement attiré par cette forêt. Cette forêt dont on m'avait toujours interdite l'accès, à part quand je devais aller chercher du petit bois pendant l'hiver pour alimenter le chauffage. De douces lumières l'éclairaient la nuit, comme des petites fées parcourant gaiement les bois. Ça devait être ça qui m'avait tant attirée, qui m'avait poussée à y entrer sans que je n'y fasse attention.
Quand j'y marchais la journée, la forêt paraissait joyeuse pleine de vie et de mystères indécelables. Je voyais de tant en tant de petits animaux parcourir les fourrées. Je n'étais pas effrayée pour parcourir les marais, la présence d'incalculables petits poissons et même certains qui étaient plus gros avait tendance à me rassurer tant bien que mal. Je chantonnais gaiement durant ma longue marche pour me motiver et me donner courage.
Il fallait être courageuse avec la forêt qui s'obscurcissait avec la nuit tombante. Il n'était plus alors questions de petits chants et de petits animaux qui m'accompagnaient, mais plus d'un silence. Un silence horrible, un silence angoissant, terrifiant pour un petite fille de 7 ans. Mais je continuai de marcher dans l'espoir de tomber sur une quelconque habitation ou endroit qui aurait pu m'accueillir pour la nuit du moins.
Mais aucun signe de cette habitation et peu à peu le noir s'engouffra dans la terrible forêt, et je ne pus voir pas plus loin que mes pieds. Ma progression se fit plus lente et plus angoissante. J'évitais les fourrées et les marais. Je ne leur faisais plus confiance, je me méfiais d'eux et de ce qui pouvait se cacher à l'intérieur. Au moindre bruit je m'arrêtai, apeurée. Je me croyais dans un autre endroit, un endroit où sommeillait tous mes cauchemars.
Où étaient passé les petites fées qui éclairaient les nénuphars et les arbres de la forêt ? Où étaient passés les joyeux animaux gambadant à mes côtés ? Ils avaient disparu, engloutis par l'obscurité dévorante de la forêt, tout comme moi. Je me sentais disparaître dans cette obscurité, dirigée par ma peur et mon anxiété. Mais je luttais, je luttais contre la forêt. J'avais un objectif et je comptais bien le réaliser.
Mais bien sûr, une autre chose vint ralentir, voir arrêter ma progression. Une faim et une fatigue des plus insoutenables. Je pouvais me combattre contre la faim, je l'avais déjà fait à maintes reprise dans mon ancien chez moi. Mais la fatigue était une autre affaire, ma vision se brouillait, mes mouvements se faisaient plus lents et plus maladroits. De telle sorte que je tombais de nombreuses fois. Avec de plus en plus de mal à me relever après chaque chute.
Je ne savais plus combien de temps j'avais lutter contre ce redoutable adversaire. Tout ce dont je me souviens c'est que je ne voulais pas m'endormir en plein milieu de la forêt. Là, où toutes mes craintes auraient lentement me dévorer et ne laisser de moi qu'une coquille vide dont les charognards auraient pu s'occuper. C'était donc par la peur et une conviction infaillible que je continuai cette marche de martyre.
Lors d'une énième chute, mes mains rencontrèrent une branche relativement épaisse et suffisamment solide pour soutenir mon poids. Je me redressai à l'aide de cette canne improvisée et je continuai ma marche. Mais la canne se brisa et je tombai sans pouvoir me relever. Me laissant gagner par le sommeil qui me donna des cauchemars si horrible que je ne pourrais jamais les oublier.
Lors de mon réveil, j'étais dans une couchette, au chaud avec une délicieuse odeur de nourriture qui réveillait mon ventre anesthésié, laissant place à une faim dévorante qui m'en donnait des vertiges. Je m’asseyais et je cherchais du regard d'où pouvait provenir ce délicieux fumet. Ce que je découvris me décontenança à au plus haut point. Je n'y étais tellement pas préparé que je faillis crier sous la surprise.
Une vieille femme d'une quatre-vingtaine d'années préparait un ragoût dans une sorte de pavillon. Autour de moi, se trouvait une vingtaine d'autres enfants eux aussi endormis et tout aussi sales que je l'étais. Lorsque la vieille femme me vit elle me fit signe d'approcher, je lui obéis docilement. Après tout ça devait être elle qui m'avait sauvée de l'obscure forêt. Et pour cela, je lui en serais toujours reconnaissante.
Elle me demanda mon nom et pourquoi je m'étais retrouvée dans cette forêt. Je lui expliquai tout jusqu'au moindre détails. Lorsque j'eus fini, j'avais les larmes aux yeux et elle me tendit un bol remplit de ragoût que je m'empressai de manger. Elle se présenta comme mon maître. Elle me dit que grâce à elle j'allais devenir forte et brave, que je n'aurais plus aucune peur et que cette forêt deviendrait comme ma deuxième maison.
Puis peu à peu tous les autres enfants se réveillèrent, tous plus affamés, les uns que les autres. Ils semblaient tous se connaître et être habitué à ce mode de vie. Je me fis discrète, j'avais encore peur. Une fois mon repas terminé, je partis laver mon bol et moi-même dans la rivière. Puis s'ensuivit une habitude de vie que j'allais adopter durant les onze courtes années que j'allais vivre ici.
La vieille tint sa promesse, elle devint mon maître et tous les jours elle m'accompagna dans l'obscure forêt. Les premiers jours furent les plus dures. Puis j'appris et j'appliquais avec de plus en plus de facilité ce que me disait mon maître. Je devins plus forte, plus rapide, presque sans peur. Car malgré tout cet entrainement à la nuit tombée la forêt redevenait le lieu de tous mes cauchemars et hantises. Et rien ne pouvait y faire.
Le maître m'apprit alors l'art du combat, pour que je sache me défendre contre mes peurs et ceux qui me voudraient du mal. J'appris cet art après de nombreuses difficultés mais avec une admiration immense. Cela m'épanouit et me donna une forte confiance en moi. Au bout de nombreuses années, je n'eus plus rien à apprendre de cet art. Le maître se déclara satisfaite de moi et cela me donna une grande satisfaction.
Une satisfaction qui s'éteignit vite quand elle m'apprit que je devrais passer une nuit entière sans arme et équipement au cœur de la forêt obscure. J'avais envie de progresser, mais j'avais promis au maître que je ferais tout ce qu'elle me dirait. Je partis donc sans équipement, sans armes au plein cœur de la forêt. Je n'avais aucune protection même pas celle de mes vêtements. Seule la peur m'habitait.
Je ne dormis pas cette nuit. Je restais assise au plein milieu d'une clairière à écouter, comprendre et à essayer de chasser toute peur de mon esprit. Cette épreuve fut la plus difficile d'entre toutes et de loin. Car il n'y avait rien à comprendre et rien à écouter à part le terrible et assourdissant qui m'entourait et m'enveloppait, renforcé par l'obscurité qui régnait en maître en ces lieux. Peu à peu je m'oubliais et me laissais gagner envahir par la peur.
Puis petit à petit, je compris. Je ne pourrais pas l'expliquer mais je compris quelque chose. La peur me quitta peu à peu. Je me sentis sereine. La lune vint éclairer la forêt et les fées dont j'avais tant rêver firent enfin leur apparition. Je me levai, émerveillée par tant de beauté. Le bruit des insectes et des animaux de la nuit me parvinrent enfin. Et je pus définitivement me libérer de cette peur. Je traversai les marais et les fourrées sans problèmes, j'étais de nouveau libre.

 Quand je revins au pavillon mes affaires m'attendaient sur le porche. Je m'y attendais de toute façon je n'avais plus rien à apprendre. Mon maître m'avait appris en ces onze années tout ce qu'il fallait apprendre, tout ce que je devais apprendre. Je m'habillai et je me saisis de mes affaires et armes et je partis sans me retourner, me plongeant dans cette forêt que je comprenais et qui me comprenait. J'étais devenue quelqu'un d'autre, j'étais devenue moi.

(Texte pour un concours d'écriture dont on devait se baser sur l'image précédente.)

lundi 20 janvier 2014

Dans les bois

Quand j'étais petite j'habitais à L'Isle Adam, une ville prospère et relativement indépendante dans le Val d'Oise en Ile de France. J'ai passé ma maternelle et mon école primaire là-bas. Je me suis fait des amitiés et je sortais bien plus que maintenant étonnement.

L'Isle Adam était bordé d'une très grande forêt. L'école organisait souvent des courses d'orientation. Pendant une journée, nous entendions les bruits des oiseaux et les rires de nos camarades. Sinon le silence régnait sur la forêt. Nous avions l'impression de nous trouver dans un autre univers d'être à part. Nous étions en perpétuel mouvement et nous suivions le chemin, même si une seule envie régnait en moi, quitter le sentier et partir à l'aventure dans ces bois. Lorsque la journée se terminait, nous montions tous dans le bus avec entrain sauf moi. J'étais fatiguée certes, mais la magie de ses lieux disparaissaient avec les kilomètres.

Mon père s'était fait arrêté une fois car il avait une voiture a deux places et il avait pris l'habitude de nous prendre mon frère et moi et de mettre mon frère juste devant moi. Il s'était arrêté devant une entrée de l'immense forêt. Nous étions en automne.

Pendant que mon père appelait ma mère pour qu'elle vienne nous chercher mon frère et moi, je jetais des regards envieux vers la forêt. Je fis un pas timide vers elle mais mon père le remarqua et me demanda de l'attendre avant d'y aller. J'étais impatiente d'y entrer mais j'obéis à mon père.

Une fois qu'il avait raccroché, je me ruai à l'intérieur de la forêt très vite rattrapé par mon frère. Je m'arrêtai subitement. J'étais ébahie. Ébahie par la magnificence des bois automnaux. Des couleurs. Des couleurs partout, harmonieuses, complémentaires, féériques. Un ensemble parfait.

Du marron chocolat au vert anis la palette des couleurs défilaient en tout sens. Mes pas crissaient sur le tapis de feuilles. Un léger rire m'avait échappé. Les arbres immenses comme inaccessibles, la couleur orange comme un coucher de soleil, des marrons sur le sol. Tout respirait la vie, la nature, l'automne. J'étais tout simplement heureuse d'être dans les bois...

Slew

Les personnes sont souvent meurtries, que cela soit par un objet, par un évènement, par la maladie ou encore dans la plupart des cas par une personne. J'ai été meurtrie par des personnes qui m'étaient le plus proches et on peut dire que l'on ne se remet jamais vraiment. Les personnes qu'on pense toujours connaître le mieux sont celles qui nous surprenne le plus et qui ont plus tendance à nous faire souffrir. Je l'ai malheureusement appris à mes dépends. Je pense que ces personnes ne veulent pas réellement faire du mal mais qu'elles cherchent plutôt à faire passer un message, un mal-être, un sentiment qui souvent confus vient à blesser des personnes. Mais il y a également des personnes qui cherchent la vengeance, la souffrance des autres pour une raison plus ou moins valable. On dit toujours, ou je me le suis toujours dit que si une personne vous appréciai c'était pour des raisons que l'on ne pouvait toujours pas comprendre. Je pense qu'il s'agit de la même chose pour les personnes qui en meurtries d'autres. Je ne suis pas encline à la rancune je suis même trop gentille selon mes amis. J'ai tendance à trouver des excuses à tout le monde, y compris moi même bien entendue...

Tout cela pour dire que je n'ai pas eu une vie facile loin de là. J'ai été meurtrie à nombreuses reprises pour des raisons plus ou moins sérieuses. Un coup dans une table. Lorsqu'on se prend une porte. Des paroles blessantes. Une dispute. Une incompréhension. Une trahison. La maladie....

Je ne parlerais pas de la maladie dans cet article. J'y reviendrai. Mais juste dans la thématique de cet article je vais en parler un peu. La maladie est une sorte de serpent vicieux qui vous mord lorsque l'on ne s'y attend pas. Je ne suis peut-être pas assez claire. Imaginons que vous préparez un évènement depuis plusieurs mois déjà. Vous êtes excités, vous êtes pressés d'y être et vous êtes légèrement fier de vous car vous vous êtes débrouillé tout seul. Vous semblez aller bien, tout est normal. Et puis vous vous retrouver au fond de votre lit envahie par la douleur. Dégouté de tout. La vie était pourtant normal il n'y a pas si longtemps... C'est ce que j'entends par être meurtrie par la maladie.

Lorsqu'on est meurtrie c'est parce qu'on ne s'y attend pas. Car si les personnes savaient que quelque chose allaient leur faire du mal ils l'éviteraient bien entendu. Mais ce n'est pas le cas. Être meurtri c'est être surpris dans un certain sens. Un exemple :

Vous êtes avec vos amis, vous discutez avec eux. Vous avez remarqué que votre meilleur(e) ami(e) avait légèrement changé de comportement vis-à-vis de vous. Vous faites la sourde oreille car vous vous dites que c'est une phase passagère. Et puis un soir vous discutez avec lui en rentrant chez vous et vous dites un mot, un seul. Et là votre ami(e) pète un câble et sort des choses qui vous blesse et qui vous énerve. Vous ne vous y attendiez pas n'est ce pas ? Ce mot peut changer pour les personnes mais pour vous il n'a aucune importance généralement.

C'est mon premier article. Je n'ai pas été très précise sur ce sujet mais ça vient de mon coeur et c'est que je ressens sur ce sujet.
C'est tout ce que j'ai à dire...